Grâce à nos recherches et à nos expériences, nous avons découvert que la communication chimique était la plus utilisée par les fourmis car elle permet un meilleur échange et elle est très rapide. Par exemple, elles permettent d’optimiser le trajet vers une source de nourriture. Grâce à celles-ci, les fourmis sont capables de sélectionner le chemin le plus court pour aller du nid à une source de nourriture grâce au dépôt et au suivi de pistes de phéromones (Expérience théorique).
Nous allons vous présenter tous ces types de communication mais avant cela saviez vous que la notion de phéromone a été introduite par Karlson et Lüscher en 1959. Ils en ont donné la définition suivante : « Une phéromone est une substance (ou un mélange de substances) qui, après avoir été sécrétée à l’extérieur par un individu (émetteur), est perçue par un autre individu (récepteur) chez lequel, elle provoque une réaction comportementale spécifique, voire une modification physiologique ».
Les fourmis possèdent une véritable écriture chimique. En effet, elles peuvent, en variant les glandes utilisées et les quantités de phéromones déposées, créer une infinité de messages odorants (phéromones). On parle donc de bouquet phéromonale. De plus, toutes les espèces n’ont pas la même écriture chimique. Les quelques molécules identifiées révèlent des structures chimiques très différentes et très complexe d’une espèce à l’autre :
- 3-éthyl-2,5-diméthylpyrazine chez Atta spp.
- 2,5-diméthylpyrazine chez Atta spp.
- 4-méthylpyrrole-2-carboxylate chez Atta spp.
- dérivés du méthyl-salicylate chez Tetramorium
- mélanges complexes de sesquiterpènes chez Lasius et Solenopsis
C’est Edward Osborne Wilson en 1962, qui a distingué, grâce à leurs modes d’actions, les deux types de phéromones chez les fourmis: les phéromones de déclenchement et les phéromones modificatrices. Nous allons donc vous les présenter:
- les phéromones modificatrices agissent sur la physiologie de l’animal, c’est à dire qu’elles ont un impact sur le fonctionnement de l’organisme et se diffusent très rapidement. La fonction principale de ces phéromones est donc de modifier le « corps » de l’individu récepteur. Les fourmis réceptrices acquièrent ou perdent l’usage d’une fonction physiologique. Par exemple, les phéromones royales empêchent les ouvrières de pondre des œufs.
- les phéromones de déclenchements engendrent un changement d’état immédiat et réversible dans le comportement du récepteur, ici les fourmis.
Parmi les phéromones de déclenchement, on trouve les phéromones de piste, les phéromones de territoire, les phéromones d’alarme et les phéromones cuticulaires. Ce sont les phéromones les plus utilisées par les fourmis :
- Les phéromones dites “de piste” sont des phéromones qui agissent comme une route invisible ( voir partie Expérience). La fourmi va la suivre si cette piste la mène à l’endroit rechercher (nid, source de nourriture, eau, etc…). Les entomologistes* rencontrent de grosses difficultés à étudier ce type de phéromones puisque les quantités déposées sont infimes et qu’elles sont très volatile. Elles peuvent aussi se noyer dans de nombreuses sécrétions qui jouent des rôles divers. Leur durée de vie est de 100 secondes.

source de l’image : http://adnanoktar.az/az/books/2882/Qarisqa-Mocuzesi/chapter/10741/Qidalanma-ve-Ov-
- les phéromones de territoire sont souvent utilisées pour marquer le territoire de la colonie et pour le repérer. Elles sont déposées aux alentours du nid. Les phéromones territoriales assurent la sécurité de la fourmilière car elles ont un effet repoussant sur les fourmis étrangères à la colonie.
- Les phéromones d’alarme, comme leur nom l’indique, alertent les fourmis d’un danger. Chez les fourmis, on peut observer que la réaction agit de façon collective. Dès qu’une fourmi dépose une phéromone d’alarme, quand le nid se fait attaquer par exemple, les autres fourmis présentes réagissent et déposent à leur tour cette même phéromone ainsi toutes les fourmis sont en alertes et cela leur permet de mieux se défendre.

source : Daily Geek Show
- les phéromones cuticulaires sont présentes sur le corps de la fourmi et permettent aux fourmis d’une même colonie de se reconnaitre entre elles. Elles peuvent servir au déclenchement des phéromones d’alarme puisque dès qu’une fourmi repère, grâce aux phéromones cuticulaires, une fourmi d’une autre colonie, elle libère des phéromones d’alarme.
Comme expliqué dans la partie Morpho-Anatomie, ces phéromones sont produites par une quarantaine de glandes différentes : la glande de Dufour et la glande à poison produisent les phéromones de piste et de territoire, les glandes pygidiales et les glandes mandibulaires produisent les phéromones d’alarme ainsi que des phéromones royales chez les reines et enfin les glandes présentent dans le cuticule (exosquelette) produisent les phéromones cuticulaires.

source de l’image : Le monde fascinant des fourmis de Luc Passera